“She Decides” – Un message de la coopération luxembourgeoise pour la Journée internationale des femmes.

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À l’occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars, le ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Romain Schneider, a rejoint les ministres du Danemark, de la Suède, des Pays-Bas, de la Finlande, de l’Estonie, du Portugal et de la Belgique pour un éditorial commun sur les droits sexuels et reproductifs des femmes et filles dans le cadre de l’initiative “She Decides”.

L’éditorial a paru dans la presse internationale. Les huit pays réitèrent ainsi la priorité donnée à l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et filles telles qu’inscrites dans les Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030. L’éditorial affirme l’importance de donner aux femmes et filles la liberté de décider avec qui, quand et combien d’enfants elles veulent, ouvrant ainsi le chemin vers un cercle vertueux bénéficiant non seulement aux jeunes femmes, mais aussi à leurs enfants et à l’ensemble de la société. Le message clé est simple: Elle décide (She Decides)!

 


 

Pour nous – Elle décide

 

Par Ulla Tornaes, ministre de la Coopération au développement, Danemark
Isabella Lövin, ministre de la Coopération au développement, Suède
Lilianne Ploumen, ministre au Commerce extérieur et de la Coopération au développement, Pays-Bas
Alexander de Croo, vice Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Belgique
Romain Schneider, ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Luxembourg
Kai Mykkänen, ministre pour le Commerce extérieur et le développement, Finlande
Sven Mikser, ministre des Affaires étrangères, Estonie
Teresa Ribeiro, Secrétaire d’état et de la Coopération, Portugal

Globalement, près de 225 millions de femmes et de jeunes filles ont un besoin non satisfait de contraception. Chaque jour plus de 800 femmes et adolescentes meurent de causes évitables liées à la grossesse ou à l’accouchement. Annuellement, 22 millions d’avortements non médicalisés ont lieu et deux millions de jeunes filles âgées de moins de 15 ans deviennent mères. Voilà comment se présente la situation pour des millions de femmes parmi les plus vulnérables autour du globe. Dans notre partie du monde, les grossesses sont heureusement, pour la plupart, des événements heureux. Dans d’autres parties, ceci n’est pas le cas. Une grossesse peut effectivement poser un danger mortel, tout comme elle peut changer une vie. Pour cette raison, les droits des femmes et des jeunes filles et leur accès à la contraception ainsi qu’une éducation sexuelle complète sont des priorités absolues dans nos politiques pour le développement.
Pendant les dernières décennies la mortalité maternelle a été presque réduite de moitié grâce à un travail acharné et un accès amélioré à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Aujourd’hui, nous devons constater l’émergence de tendances qui mettent en doute ce progrès. Nous ne pouvons pas nous permettre de revenir sur les avancées positives. Il s’agit littéralement d’une question de vie et de mort.
Quand nous nous battons pour les droits des femmes et des jeunes filles, nous luttons pour les droits de l’homme pour chacun. Nous sommes fermement convaincus qu’une femme a le droit de choisir avec qui elle veut fonder une famille, quand et si elle veut avoir des enfants et combien d’enfants elle veut. Cependant, comme les statistiques le démontrent clairement, des millions de femmes parmi les plus vulnérables au monde ne jouissent pas de ces droits fondamentaux.
Aujourd’hui, le 8 mars, des femmes tout autour du monde ont lutté depuis des générations pour la justice, l’égalité et les droits de l’homme pour tous. Nous ressentons une profonde gratitude pour les femmes fortes et visionnaires qui se sont exprimées au nom de la justice, de la liberté et de l’égalité dont nous, nos mères et nos filles profitons aujourd’hui. Et nous ressentons un profond engagement
d’utiliser la voix dont nous disposons pour parler pour les femmes qui n’ont pas encore le privilège de parler pour leurs propres droits. Quand nous nous levons aujourd’hui, nous nous plaçons sur les épaules de femmes qui ont combattu avant nous. C’est pourquoi nous élevons notre voix pour des femmes qui ne sont pas entendues.
Ce n’est pas seulement la chose correcte à faire d’un point de vue humain. Mais aussi parce que nous savons que si nous investissons dans les femmes, tout le monde est gagnant. Nous ne pouvons atteindre les Objectifs pour un Développement durable, auxquels tout le monde a souscrit à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015, si les femmes ne forment pas une partie active du développement. Et pour que les femmes soient une partie active du développement, elles doivent avoir le contrôle de leurs propres corps. Selon une étude de McKinsey, le PIB global pourrait être augmenté de 26 % d’ici à 2025 si les femmes obtenaient la pleine égalité vis-à-vis des hommes.
Lutter pour les droits fondamentaux des femmes et jeunes filles n’est pas seulement le bon choix à faire, c’est aussi un choix rationnel.

Nous renforçons notre engagement

Malheureusement, le combat pour les droits des femmes et des jeunes filles a connu un revers ce 23 janvier suite à la réintroduction de la Mexico City Policy, que l’on connaît aussi sous le nom de « Global Gag Rule » (« règlementation du bâillon mondial »). Celle-ci aura un impact sur le financement américain pour des organisations qui travaillent dans le domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Selon l’ONG Mary Stopes International, les conséquences pour les femmes les plus vulnérables au monde seront très sérieuses : jusqu’à 6,5 millions de grossesses non-désirées, 2,1 millions d’avortements à risque et 21 700 morts maternelles supplémentaires entre 2017 et 2020. Et ceci est seulement un exemple provenant d’une seule organisation. L’impact total pourrait être beaucoup plus important. L’expérience suite à la dernière introduction de la « Global Gag Rule » démontre que le nombre des avortements a augmenté.
Heureusement, plusieurs pays de l’alliance globale Nord Sud soutiennent depuis longtemps les droits des femmes à travers des initiatives politiques et financières. Plusieurs initiatives nouvelles ont déjà été prises par des Etats membres de l’UE à titre individuel, y compris la collecte de fonds et la tenue de la conférence ministérielle « She decides » (Elle décide), afin d’augmenter le soutien politique et financier pour l’agenda. La conférence « She decides » organisée la semaine passée à Bruxelles a permis de rassembler plus de 50 pays de l’Afghanistan au Canada et de la Norvège au Tchad, récoltant 181 millions d’euros pour cet agenda crucial. Tout aussi motivant que le soutien politique a été l’important soutien financier de la part des donateurs privés. Ceci démontre que les droits des femmes et des filles ne sont pas uniquement une priorité politique, mais qu’ils font partie d’un mouvement de personnes.
A la conférence « She decides », nous avons vu l’émergence d’un mouvement qui assure un soutien financier et politique à des ONG et aux agences des Nations unies qui transforment la santé et les droits sexuels et reproductifs en une réalité concrète pour des millions de femmes et d’adolescentes en facilitant l’accès aux conseils, à l’information basée sur l’évidence, à une éducation sexuelle complète et non-discriminatoire, au planning familial, aux contraceptifs modernes, à l’accouchement sans
complication, aux tests VIH et aux soins d’avortement sans risque. Le large soutien international pour les droits des femmes est essentiel pour les vies de millions de femmes et le développement de leurs pays.
Et cela démontre que dans une situation où d’autres pays réduisent leur engagement dans le combat pour les droits des femmes et des filles, nous sommes prêts à revoir notre engagement à la hausse.
Avec d’autres pays partenaires de l’UE, nous avons lancé un appel à l’Union européenne d’augmenter son financement et d’utiliser de façon accrue son influence pour le soutien de la santé et des droits sexuels et reproductifs.

C’est sa décision

La décision de fonder une famille est une décision pour la vie. Pour les jeunes filles et les jeunes femmes dans les pays en développement, le fait de fonder une famille est souvent parallèle à la fin de la scolarité. Pour cette raison, le moment de cette prise de décision est crucial. Et il est très important que les jeunes femmes et filles prennent d’elles-mêmes cette décision. Des femmes qui ont l’opportunité de décider pour elles-mêmes auront des enfants plus sains et mieux éduqués. Cela est clairement reconnu par l’objectif 3 de l’Agenda 2030 qui vise à assurer des vies saines et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges, ainsi que par l’objectif 5 visant l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et jeunes filles.
Pour nous, il appartient à la femme et à la jeune fille d’avoir le contrôle de son corps. C’est à elle de décider avec qui elle veut avoir des enfants, combien et quand. Nous voulons lui donner les outils pour qu’elle puisse décider elle-même. Aujourd’hui, en date du 8 mars, nous voulons envoyer un message aussi important que simple : Elle décide !