Déchets nucléaires ? Non merci!

Communiqués de presse - Secrétariat général

Le LSAP, et plus particulièrement ses sections présentent dans les Circonscriptions du Sud et du Nord, s’opposent à la proposition actuelle du gouvernement belge d’établir une décharge de déchets radioactifs près de la frontière.

Le LSAP partage les inquiétudes et les préoccupations de nombreux citoyens quant aux projets du gouvernement belge d’établir éventuellement un site de stockage géologique de déchets nucléaires hautement radioactifs et/ou à longue durée de vie, dans la zone frontalière belgo-luxembourgeoise. Un des défis, lié à l’exploitation des centrales nucléaires, consiste à stocker les combustibles usés hautement radioactifs de telle sorte qu’ils restent « piégés en toute sécurité » pour des centaines de milliers, voire un million, d’années, jusqu’à ce qu’ils ne présentent plus aucun risque pour l’homme ou la nature.

Cependant, les sites proposés par le gouvernement belge posent de sérieux problèmes, notamment en matière de sécurité. La roche de schiste, que l’on trouve dans le synclinal de Neufchâteau, n’est pas un site approprié pour le stockage géologique des déchets radioactifs. L’autorité belge compétente conclut, par ailleurs, dans son rapport sur l’évaluation environnementale stratégique, que très peu d’études sont actuellement disponibles sur la compatibilité des roches de schiste pour ce type de stockage. En outre, ils précisent qu’ils n’ont pas encore effectué d’enquêtes expérimentales pour cette roche. C’est précisément sur ce point, que le LSAP aurait aimé avoir des études solides sur le plan scientifique avant que l’on nous demande de participer à une consultation publique. Car, à ce stade, nous ne sommes, ni ne pouvons, nous informer correctement. Le fait, que la ministre belge de l’Environnement, Marie-Christine Marghem, ne se lasse pas de répéter qu’aucun lieu d’élimination n’a encore été établi définitivement et que les études environnementales se poursuivent, ne contribuent évidemment pas à rassurer les citoyens de part et d’autre de la frontière.

De plus, le synclinal de Neufchâteau est une couche géologique qui s’étend largement sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg, d’Obermartelingen à ‘Sonlez’/ Doncols. Et à ce jour, il est impossible d’estimer le risque environnemental qu’un site d’enfouissement de déchets hautement radioactif pourrait avoir, à court, moyen et long terme, sur la qualité de l’eau, la nature ou les humains, y inclus au Luxembourg. D’autant plus que, 40 pour cent de l’eau potable du Luxembourg, provient du lac de la Haute-Sûre, dont le bassin versant qui l’alimente est en grande partie adjacente à la frontière belge.
A côté du synclinal de Neufchâteau, il y a aussi d’autres sites d’enfouissement potentiel qui se situent à proximité de la frontière, comme celui de Aubange, en Gaume, qui est à moins de 5 kilomètres de la frontière, ou celui près de Stavelot qui se trouve à 15 kilomètres de la pointe nord de notre pays. Il est clair pour le LSAP que les gouvernements luxembourgeois et belge doivent travailler en étroite collaboration pour faire en sorte que la protection de la nature et des personnes reste une priorité absolue des deux côtés de la frontière.

Etant donné que ce projet a d’importantes implications transfrontalières, nous demandons à
notre ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable d’ouvrir sans
délai des négociations avec le gouvernement belge, conformément aux exigences
européennes. Notre ministre de l’Environnement et son homologue belge doivent assumer
leurs responsabilités et mettre en oeuvre le cadre formel européen qui assure que les
commentaires, les préoccupations et les objections de la société civile luxembourgeoise
soient pris en compte. Le processus de consultation doit, par ailleurs, être conçu de manière
à ce que les citoyens soient pleinement informés dès le départ ou dans un délai raisonnable,
sur l’ensemble des données concernant le projet. C’est précisément sur ce point que le
ministère luxembourgeois de l’Environnement, du Climat et du Développement durable doit
jouer un rôle clé.

Le LSAP réclame que les communes frontalières luxembourgeoises soient associées au
ministère de l’Environnement pour l’élaboration de la position nationale contre ce projet et
que par ailleurs, elles soient immédiatement informées de tout nouveau développement
concernant l’emplacement de ce projet d’enfouissement des déchets nucléaire. Les
communes et le ministère doivent travailler ensemble.