2e conférence interparlementaire socialiste: «Nous devons imposer une réorientation de la politique économique et budgétaire en Europe»

Neiegkeeten, Pressecommuniquéën

Sur invitation du groupe parlementaire socialiste à l’Assemblée nationale française a eu lieu du 7 au 8 avril 2016 à Paris la deuxième conférence interparlementaire des Socialistes et Socio-Démocrates d’Europe. Thème central des différents exposés et débats fut la politique budgétaire tant au niveau des Etats membres qu’au niveau communautaire. Le groupe parlementaire socialiste luxembourgeois y était représenté par son président, Alex Bodry.

Nombreux sont les défis politiques qui, à l’heure qu’il est, menacent la construction européenne. La récente crise financière et économique avec ses conséquences plus ou moins directes, de même que les mouvements de réfugiés venus essentiellement de la rive sud de la Méditerranée et des Balkans ont révélé sans équivoque la nécessité de réformer l’UE aussi bien au niveau de la politique sociale qu’au niveau économique, fiscal et budgétaire.

C’est dans ce contexte qu’une première conférence interparlementaire des Socialistes et Socio-Démocrates d‘Europe a eu lieu en octobre dernier. A Berlin, les représentants des différents parlements européens se sont penchés sur les politiques financières et économiques.

Ce jeudi et vendredi à Paris, les parlementaires venus des différents pays d’Europe se sont réunis une deuxième fois. Dans les locaux de l’Assemblée nationale, ils ont échangé leurs points de vue sur les conséquences financières et économiques pour l’Europe d’un « Brexit », le rapport entre la croissance et la régulation budgétaire en Europe, ou encore les risques d’une nouvelle crise financière dans les deux années à venir et le budget nécessaire en matière de sécurité et de la problématique des réfugiés.

Le président du groupe parlementaire socialiste luxembourgeois Alex Bodry a souligné dans une intervention que les socialistes doivent imposer une réorientation de la politique économique et budgétaire en Europe. « Il faut mettre l’accent davantage sur la stratégie Europe 2020 pour la croissance durable et l’emploi. Investir dans l’éducation et la formation, développer la recherche et l’innovation et combattre la pauvreté. C’est plus important que des cures d’austérité à répétition. Nous devons renforcer la demande intérieure, c’est-à-dire le pouvoir d’achat des ménages. Et il faut des moyens budgétaires supplémentaires pour des investissements productifs » a-t-il dit. La politique de la coalition au Luxembourg irait exactement dans cette direction. L’UE devrait s’engager dans la même direction.

Alex Bodry a précisé: « Nous devons le faire dans le cadre des traités et normes existants. Il est illusoire d’envisager à court ou à moyen terme une modification des traités dans le sens de changements d’importance, voire d’une plus forte intégration politique de la zone Euro. Nos citoyens n’en veulent pas. La perte de confiance dans l’Europe est évidente. Le résultat du référendum aux Pays-Bas en est une nouvelle illustration. »

Sans solution pour le fléau du chômage, notamment des jeunes, et sans stratégie de lutte contre les inégalités, l’idée européenne ne pourra être relancée, a conclu le président du groupe LSAP.

Les parlementaires ont également eu un échange de vues au sujet de la transposition des recommandations de l’OCDE concernant la lutte contre l’érosion et l’évasion fiscales. L’idée de l’établissement d’une liste européenne de paradis fiscaux a été soutenue. Dans son intervention Alex Bodry a souligné la nécessité de fixer un cadre de règles communes sur un plan international au-delà de l’UE afin de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent et contre la fraude. Le dossier des « Panama papers » l’a clairement montré.